Le Hans de Raymond Weissenburger est toujours cet éternel râleur, insatisfait, qui évoluera entre 6 tableaux croustillants, un Hans qui ne passe pas par quatre chemins pour balancer quelques bonnes vérités.
Nous les Alsaciens, en prendront pour notre grade, les autres aussi… mais toujours dans la bonne humeur.
Laissons la parole à Raymond Weissenburger : « La mondialisation étant passée par là, il faut savoir qu’en 2062, plus rien n’est comparable avec ce qu’on a connu en 2010, par exemple. L’Europe s’est considérablement agrandie.
On ne compte pas moins de 99 pays membres, et les communes alsaciennes ont payé leur tribut à la communauté internationale en renonçant à leur identité régionale. Exit Elsàss.
Dans certains villages, les alsaciens de souche se comptent sur les doigts d’une main, il n’est donc pas étonnant que les communes soient dirigées par des immigrés ou fi ls d’immigrés, ce qui est le cas à Aliville, ex Allewiller.
Cette population, venue essentiellement des pays du Maghreb et de la Turquie (qui a rejoint l’union européenne dès 2017, période pendant laquelle règnait encore le Sultan de Bruni), cette population donc, ne montre aucune hostilité envers la minorité locale non encore biologiquement hybridisée.
Au contraire, celle-ci a tous les droits, elle n’est sujette à aucune xénophobie et les discriminations sont rares si on excepte l’interdiction de manger de la choucroute tous les vendredis à partir du lever du soleil jusqu’au soir au coucher du soleil.
Rien de bien grave donc puisque les vendredis n’étaient jamais des jours à choucroute ! Pour expliquer cette parfaite intégration dans la nouvelle société, il faut savoir que les gènes des autochtones ont été conditionnés pendant des siècles et que la « caméléonisation » qui en résulta n’est pas un état blâmable en soi, mais au contraire, peut être considéré comme salutaire pour la sauvegarde de la « race ».
C’est donc pour remercier les quelques alsaciens de souche de leur comportement exemplaire pendant cette période d’occupation du sol, que le Maire de la commune, Boulazed, a eu cette idée judicieuse de faire ériger un monument en l’honneur du personnage alsacien le plus connu.
Par le plus grand des hasards, une télé régionale bavaroise est présente à Aliville.
Elle est sur les traces de Saint Benoît XVI, le dernier pape (bavarois) à avoir foulé le sol alsacien à Allewiller en 2012, voici donc tout juste 50 ans. Elle couvre ainsi l’inauguration de la statue de Hans.
Malheureusement, en 2062, en Alsace, plus personne ne comprend l’allemand. Boulazed a donc recours à un Seppi, seul rescapé de la Belle Epoque, qui servira de traducteur.
C’est pourquoi, et pour des raisons indépendantes de notre volonté, le premier tableau sera bilingue. »