Est-il vraiment besoin de présenter Freddy WILLENBUCHER au public du Théâtre Alsacien de Guebwiller ?
L’auteur mulhousien a toujours entretenu des liens plus qu’affectifs avec notre troupe et puisqu’il a tiré cette année sa révérence pour rejoindre le paradis des auteurs où, on l’espère, sa joie de vivre et son humour feront à jamais le bonheur de tous ceux qui l’ont précédé, il était une évidence que nous allions lui rendre l’hommage qui nous tenait particulièrement à coeur.
La pièce que nous avons choisie, « Mir sin hàlt e so ! », a été écrite il y a plus de vingt ans et plutôt qu’une simple farce, je la défi nirais comme une succession de réfl exions sur différents sujets de société.
Freddy nous a laissé par là une sorte de testament spirituel où il affronte les réalités quotidiennes alsaciennes avec cet humour inégalable qui lui est propre.
L’action se situe dans un endroit qui lui est cher puisqu’il fut le décor de certaines de ses plus célèbres pièces comme « D’Schwartz Katz » ou « Mi Unkel d’r Bischoff », à savoir l’incontournable Hôtel Alpenblick quelque part dans les Vosges.
Nous y retrouvons Madeleine et Richard Lang, les propriétaires, qui feront le lien entre les différents sketchs car toute la pièce ne sera qu’une évocation des mémoires de Richard.
Aussi aurez-vous à nouveau la joie de revoir les personnages caractéristiques de l’univers de Freddy avec les deux vieilles fi lles, très commères et plus vraiment vieilles fi lles, toute la gouaille du couple Franz et Philomée devenu magnats du cuivre en passant par la ferraille et les peaux de lapins ! Vous y verrez bien d’autres caractères atypiques, voire carrément « débiles », mais toujours avec un soin particulier donné au verbe qu’il place dans la bouche de ses personnages et qu’il a au préalable trempé dans du vitriol !
Toute la société y prend pour son grade, des politiciens aux philosophes, de la classe ouvrière en passant par la bourgeoisie dans le sens le plus péjoratif du terme.
Au-delà des pitreries et autres situations cocasses et truculentes, vous constaterez que l’auteur jette sur notre petit monde alsacien un regard d’une acuité étonnante. Eh !oui, nous sommes comme cela nous autres alsaciens et notre tiraillement ancestral entre les deux côtés du Rhin n’est pas là pour arranger les choses !